Saint-Augustin, les Confessions

Deux Confessions si différentes…

Jean-Jacques Rousseau commence son ouvrage "Les Confessions" par cette déclaration :

Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi, seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m’a jeté, c’est ce dont on ne peut juger qu’après m’avoir lu.
Que la trompette du Jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : « Voilà ce que j’ai fait, ce que j’ai pensé, ce que je fus. J’ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n’ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s’il m’est arrivé d’employer quelque ornement indifférent, ce n’a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j’ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l’être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus ; méprisable et vil quand je l’ai été, bon, généreux, sublime, quand je l’ai été : j’ai dévoilé mon intérieur tel que tu l’as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l’innombrable foule de mes semblables ; qu’ils écoutent mes confessions, qu’ils gémissent de mes indignités, qu’ils rougissent de mes misères. Que chacun d’eux découvre à son tour son cœur aux pieds de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu’un seul te dise, s’il l’ose : Je fus meilleur que cet homme-là.

Quiconque a lu les Confessions conviendra que chaque page est empreinte d’une vanité enfantine; Rousseau ne se vante pas seulement de ses actions «bonnes, généreuses, sublimes» mais aussi des indignités dont il s’est rendu coupable. Il croit avoir droit à notre admiration, parce qu’il ose mettre son âme à nu; il tire gloire de sa franchise. Sa confession est pour lui une expiation, et il estime que l’Être éternel qui voit tout, doit non seulement lui pardonner, mais encore le louer hautement.  

Un tout autre esprit inspire les Confessions de Saint Augustin et celles de tout homme éclairé par la lumière de Dieu ; extrait :

Je veux faire la vérité dans mon cœur, devant Toi par la confession, mais aussi dans mon livre, devant de nombreux témoins... Où fuir? Où chercher la délivrance des péchés nombreux qui m’accablent?

Tel est le fruit que j’attends de ces confessions, où je vais me montrer, non tel que je fus, mais tel que je suis. Je veux les faire non seulement devant Toi, avec cette mystérieuse joie qui tremble, avec cette tristesse mystérieuse qui espère, mais aussi pour être entendu des fils des hommes, associés à ma foi, à mon allégresse, et qui participent à ma condition mortelle – mes concitoyens, voyageurs ici-bas comme moi, et qui marchent sur ma route, soit devant moi, soit à côté de moi…. Je ne suis qu’un petit enfant, mais mon Père vit toujours, et je trouve en lui un tuteur capable de m’aider.

Une seule douleur me reste depuis que je vis dans ta communion, ô Jésus! une seule douleur me reste. Je t’ai aimée si tard, ô beauté! plus vieille que le monde, et éternellement jeune, je t’ai aimée si tard!

Quel contraste entre ces Confessions et celles de Jean-Jacques Rousseau. Ici, aucune trace d'orgueil ni de défi de Dieu ou des hommes. Augustin proclame que notre Dieu est un Dieu qui pardonne et qui guérit nos infirmités, par la Vie, la Mort et la Résurrection de Jésus-Christ. Cette certitude est la force et la consolation du coupable qu'il se sait être, renforcée par l'Amour qu'Il éprouve pour son Seigneur.

L’homme qui se connaît lui-même sait que la grâce divine triomphe seule du mal en nous.

 

Saint-Augustin, les Confessions

 

Nul n'est intelligent, nul ne cherche Dieu ; tous sont égarés, tous sont pervertis; Il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul... Ils ne connaissent pas le chemin de la paix ; la crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux...

Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus.

Romains 3

 

 

 

 

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