Les grands personnages : John Wesley (1704-1791)

John Wesley et son frère Charles, tous deux fils d'un pasteur anglican, sont considérés comme les fondateurs du méthodisme. John prononçait des sermons et Charles composait des cantiques. Ensemble, ils furent à l'origine d'une révolution spirituelle qui, selon certains historiens, permit à l'Angleterre d'éviter une révolution politique à la fin du XVIIIè siècle.

 

La conversion de John Wesley

John Wesley
John Wesley

Dans la lignée paternelle, John Wesley décide de devenir prédicateur et s’inscrit à l’Université d’Oxford en 1720. Il obtient son diplôme en 1724 et est consacré en 1725.

Plus tard, la Société pour la Propagation de l’Évangile envoie John Wesley (et son frère Charles) en Amérique pour assurer le suivi pastoral des colons américains de Géorgie. Il lui est également demandé d'évagéliser les Indiens locaux. De cette mission, John revient avec pour bagage la frustration de l'échec. Il déclare : « Je suis allé en Amérique pour convertir les Indiens, mais Oh ! qui va me convertir, moi ? »

Au cours du mois de mai 1738, John décide d'assister à une réunion tenue à Aldersgate Street. La lecture du jour porte sur la préface rédigée par Martin Luther sur l’Épître aux Romains. Les commentaires de Luther lui vont droit au coeur ; il en est profondément touché. Lui-même rapporte qu'il ressent ce jour-là « une étrange chaleur dans son cœur : Dieu y a allumé un feu qui ne s’éteindra plus jamais ». A l'instant même, John Wesley reçoit la double conviction qu'il a été sauvé personnellement par Jésus-Christ et que cette grâce de Dieu est accessible à tout homme.

Dès lors, Wesley reçoit l'appel à partager cette bonne nouvelle (évangile) partout en Angleterre. Il a à coeur de commencer par les pauvres et les marginaux rejetés par la société britannique d'alors.

 

Un magistral essor spirituel

Le Méthodisme est un mouvement protestant mondial, issu d'un cercle d'étudiants de l'université d'Oxford fondé en 1729, dont les membres se réunissaient pour prier, étudier les textes sacrés et célébrer les offices. Le sérieux avec lequel les adhérents du Holy Club (le Club des saints) accomplissaient leur devoir de chrétiens leur valut d'être surnommés «méthodistes» par leurs camarades. Le cercle d'Oxford était animé par John et Charles Wesley.

Les Wesley étaient fortement imprégnés des dogmes de l'arminianisme (Jacobus Arminius) et réfutaient la doctrine calviniste de la prédestination. Prêchant le salut personnel par la foi, John Wesley attira rapidement une foule de fidèles enthousiastes, issus des classes populaires, désireux de rompre avec le formalisme de l'Église anglicane.

Le clergé anglican dénonça l'entreprise des Wesley, et nombre de paroisses refusèrent de les accueillir, les forçant à se réunir en plein air. Grâce à ces rassemblements, la ferveur religieuse connut un renouveau en Angleterre, particulièrement dans les couches défavorisées. Le message de John Wesley ainsi que son activité auprès des plus pauvres suscitèrent une prise de conscience sociale qui devint la caractéristique de la tradition méthodiste. Les groupes méthodistes se développèrent rapidement ; en 1744 fut tenue la première «conférence» des ouvriers méthodistes. Wesley cherchait à maintenir de bons rapports avec l'Église anglicane et à y intégrer son mouvement pour lui assurer un statut légal.

 

Histoire et particularités du Méthodisme

Peu après la mort de John Wesley en 1791, ses disciples se mirent à créer des Églises autonomes. Durant le XIXe siècle, de nombreuses communautés méthodistes apparurent en Grande-Bretagne et aux États-Unis, qui proposaient toutes leur propre version de l'enseignement des Wesley. En 1881, une conférence œcuménique méthodiste fut réunie pour rassembler les groupes méthodistes éparpillés dans le monde. Depuis lors, des conférences de ce type sont régulièrement organisées. De nos jours, le Conseil méthodiste mondial se réunit tous les cinq ans.

Dès le début du XXe siècle, les diverses Églises méthodistes de Grande-Bretagne eurent tendance à se regrouper. De nos jours, l'Église méthodiste du Royaume-Uni est considérée comme l'Église mère du méthodisme mondial.

Les méthodistes reconnaissent deux sacrements principaux: le baptême et l'eucharistie. Le baptême peut être donné par immersion ou par aspersion. Certains méthodistes, à l'instar du théologien protestant français Jean Calvin, interprètent l'eucharistie comme la célébration de la présence spirituelle du Christ, alors que d'autres la considèrent comme une commémoration de son dernier repas, comme l'enseigna le réformateur suisse Huldrych Zwingli.

À la fin du XVIIIe siècle, aux États-Unis, des méthodistes noirs, victimes de la ségrégation, quittèrent l'Église de Philadelphie et formèrent une congrégation indépendante. Bientôt, d'autres suivirent leur exemple. En 1830, les méthodistes furent divisés sur la question de l'autorité épiscopale et le rôle des laïcs au sein de l'Église. L'esclavage fit l'objet de scissions particulièrement douloureuses : les méthodistes abolitionnistes et les méthodistes du Sud se scindèrent en deux groupes, et cette situation se prolongea même après la fin de la guerre de Sécession.

Dès lors que les Églises méthodistes rivales s'implantèrent de par le monde grâce à leurs missionnaires, il devint impératif de mettre sur pied une forme de coopération entre elles. À la fin du XIXe siècle et vers le début du XXe siècle, toutes les Églises méthodistes finirent par s'affilier à une organisation missionnaire internationale.

Les Églises méthodistes dans le monde émanent généralement des diverses traditions anglaises ou américaines. Cependant, certaines de ces Églises nationales s'étant affranchies de la tutelle de leur Église mère, il incombait au Conseil méthodiste mondial de renforcer leur coopération. Le mouvement œcuménique entraîna la fusion de certains groupes méthodistes, compromettant, à terme, les relations entre ces groupes et les autres méthodistes.

 

 

Phil
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